Toulepleu : face au bitume neuf, les moto-taxis sensibilisés au port vital du casque.
Alors que le bitumage de l'axe Bloléquin–Toulepleu redéfinit la mobilité locale, la vitesse croissante des deux-roues inquiète. À la gare routière et dans les points névralgiques de la ville, l'ONG OIDEL et le PARFT/UFM ont réuni conducteurs de moto-taxis et jeunes motocyclistes pour une session de sensibilisation coup de poing axée sur le port du casque, le civisme et le partage de la route.
À Toulepleu, le vrombissement des moteurs de deux-roues fait désormais partie du paysage quotidien. Véritables poumons du transport urbain et interurbain, les moto-taxis assurent la liaison entre le centre-ville, les villages environnants et les postes frontaliers. Mais depuis que le bitume lisse a remplacé les ornières et la poussière sur l'axe reliant Bloléquin à la frontière du Libéria, un revers critique s'est installé : l'excès de vitesse et le non-port généralisé du casque de protection.
Une gare routière prise d'assaut pour la bonne cause
C'est dans ce contexte d'urgence préventive que les spécialistes en sécurité routière de la mission PARFT/UFM (Projet d'Aménagement Routier et de Facilitation du Transport au sein de l'Union du Fleuve Mano), sous l'égide de l'AGEROUTE et de l'ONG OIDEL, ont posé leurs quartiers à la grande gare des moto-taxis de Toulepleu.
Dès 8 heures du matin, des dizaines de conducteurs, facilement reconnaissables à leurs chasubles, ont mis pied à terre pour participer à une séance d'échange directe et interactive. M. TA BI Tra, expert en sécurité routière de la mission, a donné le ton : « La route moderne est une chance pour Toulepleu, mais sans discipline, elle devient un piège mortel. Le casque n'est pas un accessoire décoratif ou une contrainte policière, c'est votre seule assurance-vie en cas de choc. »
« On pensait que le casque c'était juste pour la capitale. Mais aujourd'hui avec le goudron à Toulepleu, les voitures roulent fort. Beaucoup d'entre nous ont compris qu'on protège d'abord notre propre tête et nos clients. »
— Yacouba K., Un conducteur de moto-taxis à Toulepleu
Des démonstrations percutantes qui marquent les esprits
Loin des discours théoriques, la campagne a misé sur des démonstrations pratiques et concrètes. Les animateurs de l'ONG OIDEL ont expliqué comment choisir un casque homologué, comment l'ajuster et surtout l'importance capitale d'attacher la jugulaire — une étape trop souvent négligée par les usagers.
Des cas réels d'accidents survenus récemment sur le tronçon Toulepleu–Pékan Barrage ont été analysés avec l'audience. Les chiffres et témoignages présentés ont suscité une vive émotion, rappelant que la majorité des traumatismes crâniens graves et des décès impliquant des motocyclistes auraient pu être évités par le simple port d'un casque conforme.
Au-delà du casque : vitesse, alcool et téléphone
Si le casque était le cœur du message, les autres facteurs de risque majeurs ont également été passés au crible. La conduite sous l'emprise de l'alcool, l'usage du téléphone portable au volant ou au guidon, et le surchargement des motos (transport de trois à quatre personnes à la fois) ont fait l'objet de mises en garde très fermes.
Un accent particulier a été mis sur le respect de la priorité aux carrefours et la cohabitation pacifique avec les piétons, notamment les élèves à proximité des établissements scolaires de la ville. Les conducteurs ont été invités à devenir des ambassadeurs de la route sûre auprès de leurs passagers.
Repères — Les règles d'or de la sécurité à moto
- Casque attaché : Pour le conducteur ET le passager à chaque trajet.
- Zéro alcool au volant : L'alcool altère le temps de réaction et l'équilibre.
- Téléphone interdit : Quitter la route des yeux 2 secondes équivaut à rouler à aveugle sur 30 mètres.
- Vitesse maîtrisée : Adapter sa conduite à l'agglomération et aux intersections.
Un engagement fort de la corporation
Prenant la parole au nom de ses pairs, le délégué des conducteurs de deux-roues de Toulepleu a salué l'initiative et formulé le vœu d'un suivi régulier sur le terrain. Il a exhorté l'ensemble des jeunes motocyclistes de la commune à faire du port du casque un réflexe quotidien et non une réaction à la peur des sanctions.
La séance s'est achevée par la distribution de supports d'information visuels, de dépliants éducatifs et d'autocollants réfléchissants à apposer sur les motos pour renforcer leur visibilité nocturne. À Toulepleu, la prise de conscience est en marche : le progrès routier ne se fera pas au détriment de la vie humaine.
Une dynamique soutenue par le PARFT/UFM
Pour la coordonnatrice Mme KATIA Alice et les responsables de l'AGEROUTE, cette action de sensibilisation s'inscrit dans un plan global d'accompagnement social des infrastructures routières. L'objectif ultime est de garantir que les investissements majeurs réalisés par l'État et la BAD dans la région du Cavally se traduisent par une amélioration réelle et sécurisée du cadre de vie des populations.







